Lundi 3 août 2009

Imaginez rencontrer des touloulous façon diablesse, tous les jours de l’année dans les rues de Cayenne. Spectacle singulier, incongru qui ne manquerait pas de susciter des remous. Qui se cacherait sous ces costumes de carnaval, des femmes, des hommes, armés de bonnes intentions ou tout simplement armés. Bref, le énième débat que suscite le port de la burka à l’assemblée nationale, m’inspire ce genre de réflexion. J’ai du mal à croire qu’en Europe on puisse accepter que ces signes manifestes d’intégrisme et d’obscurantisme puissent proliférer en toute impunité faisant ressurgir le spectre du fanatisme religieux qui avait libre cours en dans temps reculés conduisant  sur le bûcher nombre de soi disant hérétiques.

Mal à ma matière grise que d’imaginer que des femmes veuillent volontairement s’envelopper dans ces multitudes de voiles noirs qui les font ressembler à des personnifications de la grande faucheuse, mais surtout les aliènent de tant de libertés chèrement acquises par des femmes courageuses. Après tout libres à elles, mais en terre sainte !

 

Mais peut-on considérer normal que des personnes entièrement voilées que dis-je dissimulées, ne laissent apercevoir que leurs yeux, quand ils ne sont pas affublés de lunettes, dans les villes d’Europe ! A l’heure où l’on parle d’installer des portiques de détecteurs de métaux pour lutter contre la violence dans les établissements scolaires, où les plans vigie pirate se multiplient un peu partout, conséquence de nos phobies des attentats terroristes, on permettrait à des individus de circuler ainsi vêtus dans tous les lieux publics. Je crois que les profs n’ont pas fini et avec raison de faire grève, les policiers de commettre des bavures, et les citoyens lambas de circuler dans les rues avec beaucoup de circonspection.

Peut-on imager que des femmes circulent en tenue de plage, en mini ou autre accoutrement vus à Copacabana et à St Tropez au prétexte d’être européennes dans les pays musulmans. Personne n’y pense, au contraire, la gente féminine n’oublie pas le tchador, de se couvrir les jambes voire d’oublier le maquillage au principe de respecter les us et coutumes locales. Le principe de réciprocité devrait s’appliquer de l’Orient vers l’Occident.

 

Saluons le courage et le bon sens de ce maire belge qui a remis au goût du jour un arrêté municipal interdisant aux habitants de circuler masqués dans sa ville hors période carnaval. Loin de moi l’idée de traiter de mascarade le port de la burka !!! Cependant, on voit bien qu’il n’y a pas besoin de légiférer des jours et des jours pour prendre une décision courageuse dans une société de droit et laïque. Faites parler le droit mesdames et messieurs les députés et votez l’interdiction en France du port de la burka dans les lieux publics.

 

                                                                                                                                                                              Mardi 21 juin 2009

Par Catherine Lama
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Mercredi 22 avril 2009

Définition de Wiképédia (source Internet) : Etats Généraux (France) : sous l’Ancien Régime, assemblées exceptionnelles convoquées par le Roi de France pour traiter d’une crise politique. Créés en 1302 par le roi Philippe le Bel… ils réunissaient au début, le clergé, la noblesse et la bourgeoisie des bonnes villes. Les derniers convoqués en mai 1789 par Louis XVI pour résoudre la crise financière due aux dettes de l’Etat, évoluèrent, suite au Serment du Jeu de Paume et à la réunion des trois ordres le 27 juin en une Assemblée nationale constituante qui décida de rédiger une constitution écrite, ce fut le commencement de la Révolution française.

 

On y arrive à ces fameux Etats Généraux, le geste régalien d’urgence avancé comme la solution salvatrice aux violents mouvements d’humeur manifestés par les guyanais, les antillais et les réunionnais depuis quelques mois. Des soubresauts qui font désordre dans le paysage national, au secours, trouvons de quoi calmer ces ultra marins des outre mers à sang chaud !

Comme beaucoup de mes concitoyens, je m’interroge sur l’utilité de cette consultation organisée dans la précipitation en réponse à une crise, certes économique de type récessif sur fond de revendication identitaire. On se rappelle ici, une période semblable à l’initiative des socio professionnels. C’était en 1997. D’avril à Décembre, des " Etats généraux du développement économique réel et durable " ont réuni l'ensemble des représentants de la société guyanaise dans sa diversité en associant l'Etat, les élus politiques, les socioprofessionnels, les syndicats de salariés, le monde associatif, les partis politiques et les autorités coutumières. Avec le recul on peut dire que ce fut une période plutôt constructive puisque ce travail a conduit notamment à des « cahiers de doléances » sur l'ensemble des problèmes auxquels est confronté le développement de la Guyane tant sur le plan social, culturel, économique, administratif que politique, qui ont été rassemblés dans un rapport final mis au point en janvier 1998. Le conseil régional et le conseil général, qui ont chacun pris acte de ce rapport final par délibération, ont jugé nécessaire qu'il soit le point de départ et le cadre de référence privilégié d'une réflexion sur l'avenir de la Guyane. Une commission ad hoc mixte composée de 8 conseillers généraux et de 8 conseillers régionaux  fut chargée d'élaborer un document d'orientation consensuel. Finalisé en décembre 1998, ce document intitulé " Document d’Orientation pour un Pacte de développement pour la Guyane " a été approuvé à une très large majorité par le conseil régional et le conseil général réunis en congrès le 27 février 1999 à Rémire-Montjoly.  Méthode travail, de consultation régulièrement adoptée depuis par nos deux collectivités majeures.

 

Quelles que soient nos opinions sur la manière de faire avancer le pays, c’était tout de même un document collectif qui a rassemblé du monde … qu’en a-t-on fait, quels échos a-t-il suscité auprès du gouvernement de l’époque ?

Quelques remarques condescendantes peut-être, des négociations qui n’ont débouché sur rien de véritablement concret, bien dommage, on ne serait sans doute pas arrivé à la situation de crispation viscérale actuelle qui rend suspectes toutes les propositions gouvernementales.

Franchement pour la citoyenne lambda que je suis, je ne peux m’empêcher de dire que l’on fait un grand pas en arrière et que tout ce qui a été produit à notre initiative n’est que billevesées, agitation négrière jugée de bien haut. Je ne suis pas certaine que des Etats Généraux organisés en Corse par les locaux auraient eu le même traitement.

D’aucuns diront que c’est une lecture primaire et que je n’ai rien compris aux subtilités de la démarche régalienne, je veux bien vous croire.

 

Au fait au dernier G20 de Londres, on nous a rabattu les oreilles en nous affirmant que notre président était sur la même longueur d’onde que le messianique OBAMA qui, entre parenthèses, fait acte de contrition de part le monde, mais il vrai qu’il n’y a jamais eu de monarchie aux States. Yes we can !!!

Par Catherine Lama
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Mercredi 22 avril 2009


Il n’y a pas si longtemps, on fêtait à Sinnamary l’anniversaire de quatre centenaires. Trois femmes et un homme.

En regardant et en écoutant ces vénérables vieilles dames, je me suis prise au jeu de la divination et j’ai tenté de m’imaginer centenaire.

 

Je me vois sur un fauteuil roulant, affublée de l’inévitable tenue guyanaise blanche en dentelle, une coiffe en madras sur mes rares cheveux blancs, les mains noueuses et tâchées tremblantes posées sur mes cuisses, les pieds bizarrement chaussés bien alignés,  quelques bijoux mettant en valeur ma peau flasque, le regard terne dans le vague,  marmonnant  face à une caméra vicieuse « … j’ai fais beaucoup de sport, mo isé san servi !… ».

Un vrai film d’angoisse, ces dames de Sinnamary disaient avoir mangé « … bocou de pimentad bèf… », approuvées par leur maire ! Si cela suffisait, on en consommerait tous les jours. En tous cas, les études scientifiques nous prouvent que nous les femmes, allons vivre de plus en plus vieilles. Mais dans quelles conditions ? Rares sont les centenaires qui gardent une bonne santé  et leurs facultés intellectuelles. Selon les familles, elles sont choyées car considérées comme des poto mitan, des bibliothèques vivantes, de véritables colonnes vertébrales sans lesquelles on se retrouve bien mal en point. Pour d’autres, elles sont des poids morts dont on se passerait bien. Alors, elles se retrouvent dans un coin, sur un fauteuil. De temps en temps on leur fait prendre un peu de soleil, on s’adresse à elles comme à des enfants mais sûrement pas comme aux gosses « z’enafer » de maintenant qui parlent et agissent comme de grandes personnes.

Rattrapées par la sénilité ou par Azheilmer, elles terminent des vies de labeurs dans des mouroirs médicalisés.

Alors dans ces conditions, même au 21ème siècle, entre maladie et solitude, il ne fait pas bon vieillir.

 

La situation est peu enviable et ne donne pas envie de vivre aussi vieux d’autant que nous évoluons dans une société de jeunisme. Qu’est ce qu’une grand-mère aujourd’hui ? L’image d’Epinal de la vieille dame choyant ses petits enfants adorés ne correspond pas à ce que nous serons dans 10, 20, 30 ans... Les grand-mères d’aujourd’hui et de demain ont d’autres perspectives que de continuer à servir encore et encore la famille. La retraite venue et pour les chanceuses, avant soixante dix ans, on entame une autre vie, on fait les choses pour soi, on voyage, on se cultive, on se remue, on retrouve des amis, on s’engage dans les associations, on a même le droit de rien faire mais bref on devrait pouvoir occuper ce fameux 3ème âge, qui peut durer 30 ans et plus, à sa guise. Hélas, nous ne sommes pas égales devant la maladie, franchement je ne suis pas certaine de vouloir vivre 100 ans.


20 janvier 2009

Par Catherine Lama
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Mardi 20 janvier 2009

Quand je parle de lui, je l’appelle familièrement Barack alors qu’il y a quelques mois, ce prénom ne me disait rien. Tous les jours je m’étonne qu’un tel évènement ait pu ce produire aux Etats-Unis, nation de tous les radicalismes, nation en perdition depuis l’ère Bush Junior et nation du « tout possible » depuis le 4 novembre 2008, jour de l’élection triomphante à la présidence de Barack Obama.

Je me passionne sur tout ce qui tourne autour de lui, articles, essais, débats … tant la trajectoire de vie de ce métis ou de ce noir, que dire je ne sais pas, est étonnante. Il est l’incarnation vivante de millions de noirs qui attendaient réparation de la discrimination raciale subie pendant des siècles et qui faisait d’eux des « sous-citoyens ».

Une famille de noirs à la Maison Blanche dès ce 21 janvier 2009 servie par des blancs. C’est mieux que la série « 24 hours » et ça va faire vendre du papier. Nul doute que leurs moindres faits et gestes vont être décortiqués, analysés, critiqués et déformés. Le destin de Barack est hors du commun et pourtant il reste un homme, comment va-t-il concilier cette antinomie ?

Etre un époux, un père de famille et en même temps l’homme le plus puissant du monde ! Dans le contexte de crise économique mondiale actuelle, il apparaît même, malgré toutes les précautions oratoires, comme un messie providentiel.

Allez, Barack, sera-t-il Noé aux milieux des flots avec son arche tentant de sauver le monde ? Oeuvrant pour la paix d’un côté, guerroyant de l’autre pour garantir des intérêts économiques ! C’est que Hollywood va nous sortir des films sur lui qui vont rapporter des milliards de dollars faut-il alors attendre sa vie filmée ! Peut-être mais une chose est sûre on compare la crise actuelle à celle de 1929, la récession est partout et nous sommes les acteurs du docu-fiction, il nous en faut du rêve pour affronter le chômage, la pauvreté, la maladie et la guerre.

En relisant ces lignes, je me dis que suis un tantinet grandiloquente et pessimiste, pourtant non, je rêve et en même temps je vis ma réalité. J’aurai souhaité pour nous une homme ou une femme providentiel qui par son charisme donne une autre dimension à notre Guyane et à ses hommes. Comme l’affichait mon père dans son bureau, il nous faudrait un baobab qui nous éclaire, nous protège de nos errements et nous dirige sur la bonne voie. Lui, il avait sa check list : Félix Eboué, Gaston Monnerville, Nelson Mandéla, Marthin Luther King, Joscelino Kubikcheck, René Maran, il aurait sûrement compléter sa galerie par le portrait de Barack. Il est parti trop tôt !

Barack suscite les passions et je pense que quelque soit la distance qui le sépare du commun, il nous élève. Avec lui nous tendons vers le mieux, il nous oblige à nous interroger, il nous pousse à l’analyse, à une forme de spiritualité éclairée. Demain, 20 Janvier 2009,  il s’adressera à la nation américaine et au monde entier, il saura nous galvaniser, silhouette sombre devant un monument blanc, l’instant sera historique, Barack OBAMA, quarante quatrième président des Etats-Unis entrera dans l’immortalité.

RémireMontjoly, 19 janvier 2009

Par Catherine Lama
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