Un score de 17% des voix qui le catapulte à la troisième place de ce premier tour de la primaire socialiste derrière Hollande et Aubry et le voici grand ordonnateur du
2ème tour.
Alors commence la valse des courbettes tandis que s’instaure un suspense insupportable au sein de la gauche. Qui va récupérer les voix du chantre de la démondialisation, quel discours tenir
pour les obtenir ?
Monsieur Montebourg a décidé que les candidats devraient exprimer par écrit leur engagement. Je me tiens, tu me tiens par la barbichette, le premier qui rira aura une tapette !
Doctement, Monsieur Montebourg annonce qu’il n’a pas encore choisi qui des deux « impétrants » aura son soutien. « Impétrants » dites vous, pour sur, cela sonne mieux
que le terme vulgaire de candidat. Face à un Poujadas marmoréen sur son escabeau, l’ex impétrant du premier tour, l’avocat défenseur des pauvres ne s’est pas départi de son aplomb de ténor du
barreau pour s’excuser d’une phrase assassine à l’égard de « l’impétrant » Hollande et pour affirmer que seul comptent l’engagement et les idées pour une France plus
solidaire.
Portant beau comme Jacques Chirac en son temps, bien accompagné comme tout homme politique moderne, la parole facile et engageante, l’extraction sociale modeste comme il se doit depuis Barak
Obama, moi je vous le dis la primaire 2017 est déjà bien lancée avec ... Arnaud Montebourg !
12h30 - Le ciel est bas, gris, un vent secoue les arbres, c’est ce que je vois de la fenêtre de mon bureau. Je réfléchis. J’entends mon estomac qui gargouille. Vite une mandarine
pour éviter tout grignotage intempestif.
La journée a démarré bof, bof. 6h00 - Premières ablutions devant le miroir. Je me regarde d’un œil torve dans mon caleçon d’homme assorti d’un top qui n’avantage pas mon décolleté. Soupir ! Un coup de
peigne sur ma tête « pinyan wan », des gouttes dans les yeux.
Vitamines et autres potions matinales et magiques avalées, je m’attaque à la préparation de mon sandwich. Maripa, mon chabin de chien s’approche. Comme chaque matin, il attend sa mie de pain
beurrée, le gras du jambon où la croute du fromage. Je lui donne. Il me regarde de ses yeux larmoyants remplis d’affection et acquiesce sans sourciller à mes remarques aigres sur son comportement
nocturne. « Tu ne me mérites pas, tu fais chier à aboyer comme çà, tu déranges tout le monde ». Il baisse la tête, tourne son dos et retourne gravement sous un fauteuil de la
terrasse.
Petite vaisselle terminée, je m’attaque à ma corvée matinale. Quoi mettre ! Je suis devant mon placard, allez j’opte pour mon uniforme, pantalon, débardeur et tunique dans les tons terre de
sienne.
Petit tour dans le jardin. Je m’applique à regarder mes fleurs, à les toucher tout en appréciant les effets de la petite pluie de l’aube qui font se redresser l’herbe de mon soit disant gazon. Je
suis fière, mes orchidées fleurissent, plusieurs boutons de mes roses du désert sont éclos. Moment de bonheur. 7h00 - le journal de radio première. Vite à la douche. Dernière touche de maquillage, la poudre est rare. J’ai encore oublié d’aller à la parfumerie. 7h25, Hubert Nickel radote.
Un pschitt de « Love » de chez Chloé (pas terrible), éternuement obligatoire. Vérification, lunettes, téléphone, éteindre les radios, dernier regard au miroir : pour un si petit pays ça ira, je suis prête à affronter le monde des hommes !
Le Monde annonce « Sur la planète, les obèses sont plus nombreux que les malnutris » « Selon les statistiques de la Croix-Rouge, 1,5 milliard de personnes souffraient d'obésité dans le monde en 2010 tandis que 925 millions d'autres souffraient
de malnutrition. "Si la libre interaction du marché a abouti à une situation où 15 % de l'humanité a faim tandis que 20 % est en surpoids, il y a quelque chose qui n'a pas marché
quelque part", a résumé le secrétaire général Bekele Geleta ».
C’est bien le paradoxe de notre civilisation, ce déséquilibre alimentaire qui ne cesse de s’accroître. Alors que nous sommes surinformés sur les dangers de la mal bouffe, que se multiplient les
opérations humanitaires pour lutter contre la famine en Afrique et ailleurs, on continue de gaspiller et de se nourrir en dépit du bon sens en toute désinvolture.
Evidemment, me direz-vous, j’ai beau jeu de vouloir donner des leçons !
Je suis comme tout le monde, j’ai aimé l’abondance, le réfrigérateur bien rempli, le choix des friandises grasses et sucrées, les soi-disant jus remplis de vitamines etc… Et puis un jour à
force de lire, d’entendre et d’être agressée par des campagnes d’affichage qui me suivaient du regard des enfants affamés sur les routes, j’en ai eu marre de ce sentiment de honte qui, de
fugace devenait permanent. J’ai peu à peu changé mes comportements. J’AI ARRETE DE GASPILLER !
Fini les achats inconsidérés, les chariots remplis à ras bord. Fini les marchés compulsifs au prétexte de consommer frais. Fini les légumes qui pourrissent dans le frigo parce que je ne cuisine
pas ou que je les oublie. Fini les fromages et jambon qui atterrissent dans l’écuelle du chien.
Aujourd’hui je ne jette rien et j’utilise tout. Avec mes restes de repas j’en confectionne d’autres, je force mon talent créatif et le pire c’est qu’il m’arrive même d’inviter quelques
privilégiés à ces repas de roi. Dans le même temps je peux vous dire que j’ai arrêté d’enrichir les restos chinois !
Je n’ai pas tout bon : ce matin alertée par une vague odeur nauséabonde, j’ai jeté une pomme de terre pourrie. Je suis bonne pour une purée ce midi avec… du jambon frais !
Invitée à un anniversaire samedi soir, je réalise à 16h qu’il faut que je lave mes cheveux. Plus de shampoing.
Dans ma salopette de jardin bien sale, d’un coup de volant, je file au 8 à 8 du coin. Accroupie au rayon cosmétique, j’entends une vive discussion qui se passe à l’entrée du magasin. Je continue
à chercher mon shampoing brésilien sensé assouplir ma rêche chevelure.
Dehors le ton monte et les invectives pleuvent. A la caisse je règle la chinoise visiblement inquiète.
Je sors et observe la scène.
Un jeune en bermuda, torse nu, tatouage à l’avenant, pas très grand avec à ses pieds une bouteille de bière et face à lui, doigt pointé, un homme aux cheveux blanc approchant la
soixantaine s’apostrophent avec vigueur.
Apparemment l’ homme, membre d’une association avait demandé à deux jeunes assis sur les marches qui donnent accès à une salle de danse accolée au commerce de libérer le passage.
Dans ce désordre verbal, je retiens les nombreux fucking you du garçon : « imbécile,couion, tu n’es pas mon père, to pé ké touché mo blada. Mo kalé chaché mo kamarads, sa to krè mo pa
pè to, aplé gendarm, mo pa ka soti la ; Fucking to, fucking, fucking … » en face le gran nhom aussi violent : « tu n’as pas honte, tu n’es rien, aucun respect, tu ne sais
pas à qui tu as affaire, viens me toucher et tu verras » etc .
Autour des jeunes regardent, une femme s’énerve sur un jeune garçon en lui disant qu’elle ne veut pas le voir s’assoir là, la commerçante de plus en plus inquiète va et vient ne sachant que faire
n’osant pas se mêler. Un homme me regarde et dit « c’est désolant, aucun respect des jeunes, je vais travailler ».
J’ai mon compte de violence pour la journée, je remonte dans ma voiture.
Seulement au-delà du désœuvrement de jeunes largués dans la nature sans aucun contrôle parental, je me demande ce qu’attendent les autorités pour enfin faire appliquer l’interdiction
de vente d’alcool aux mineurs chez les commerçants chinois. Alcool consommé de surcroit devant les commerces.
Comme chaque week end, samedi dernier je me suis rendue au marché de Cayenne. Rituel obligatoire pour moi après mes 2h de vélo et un rapide ménage.
Chaleur, odeurs, couleurs, rencontres, j’aime le pittoresque de ce lieu. Certaines fois, il m’arrive de repartir au bout de 10 mn, le sac à moitié vide parce que fatiguée ou trop
agressée par la foule. Bref, en principe c’est no stress, pas d’obligation d’achat quand l’envie n’est pas au rendez-vous et papotages entrecoupés de rires au hasard des rencontres.
Vous l’avez compris, faire le marché répond à une obligation alimentaire mais participe également à ma recharge hebdomadaire de convivialité.
Ce jour là, j’avais dans la tête d’acheter mes fruits de la semaine : oranges, mandarines, papayes et bacoves. Je commence mon tour. Pas de papayes, tiens du melon. Je goûte et achète,
dédaigne des maracudjas trop fripés, récuse des concombres rachitiques, trouve de belles bacoves, cède pour des oranges dont la verdeur suggère l’acidité. J’arrive devant un étal couvert
d’avocats. Impossible d’en trouver un à mon convenance (à maturité pour une entrée le dimanche). Je renonce et j’acquiesce à la remarque d’une autre acheteuse « en Guyane, l’avocat est
un aliment de luxe ». A 6€ le kg on ne peut pas dire le contraire !
Cette dame s’arrête devant des mangues : « Elles sont sans fil » demande t-elle à la vendeuse qui répond oui. Je ne peux m’empêcher de remarquer « Ca m’étonnerait, ce sont
des mangues St Michel ».
La vendeuse m’apostrophe violemment « n’importe quoi vous ne connaissez rien, elles sont sans fil ! ». « Demandez-lui d’en couper une » je rétorque en m’éloignant. Et là
j’entends « Imbécile, pour qui vous vous prenez … », je me retourne et insiste « Coupez un morceau alors » elle poursuit, « Espèce de raciste … ». Je fais mine de
revenir et soudain me vient à l’esprit que je ne suis ni une marchande de poissons, ni une marchande tout court. Je renonce à participer à une escalade de violence verbale pour un motif aussi
dérisoire face à une épidermique complexée experte en mots fleuris contre laquelle j’aurai combat perdu.
Je termine ma tournée en achetant des mandarines « pas terribles » chez une laotienne qui acquiesce en riant à ma remarque « c’est vrai mais la saison se termine ».
En rentrant chez moi je revis l’incident en me demandant pourquoi une revendeuse haïtienne m’avait traitée d’imbécile raciste ! Devons nous être forcément les dupes de service et
pourquoi tant de violence en l’espace de quelques secondes…
Enfin, je n’ai déjà plus de bananes … je vais retourner m’approvisionner au marché de Cayenne samedi prochain, heureusement j’ai un manguier en fleurs dans mon jardin qui va me donner des mangues
sans fil.
26 avril 2011. Publication radiophonique. Le fameux boulevard Lama de Rémire-Montjoly est fermé à toute circulation pendant deux jours ! Une fois encore, les ouvriers
marteaux-piquent la chaussée flambant neuve pour … ??? Impossible d’apporter une réponse claire.
Drôle de mystère, périlleuses avancées et obscures reculades pour ce chantier commencé en septembre 2010 qui devait s’achever en février 2011. Que ceux qui résident ou travaillent
dans la zone soient rassurés, deux mois de retard sur le planning après, on ne doute pas que le résultat sera « tendance ».
Circuler ou accéder à la route départementale devient une aventure épique et dangereuse. Le feu tricolore qui règle le débouché sur la route de Rémire fonctionne par
intermittence. Le soir, point d’éclairage pour les marcheurs qui ont du changer leur parcours de peur de finir en charpie.
Plus de 20 ans que cette voie de 250 mètres est attendue. Le dessein initial était de magnifier l'Hôtel de Ville que desservirait une royale avenue de 4 voies, bordée (évidemment) de palmiers
royaux. D’une avenue on est passé à un boulevard deux fois une voie.
Qu’à cela ne tienne !
Mais alors, quid de l’aménagement de l’espace vert qui accueille le monument souvenir à Félix Eboué et Gaston Monnerville ? Singulièrement rogné par le
nouveau rond-point, on imagine qu’il fera, lui aussi, l’objet de soins minutieux et d’améliorations paysagères spectaculaires qui cadreront (forcément) avec la majesté du boulevard
et servira d’écrin superbe à la maison commune.
Imaginez rencontrer des touloulous façon diablesse, tous les jours de l’année dans les rues de Cayenne. Spectacle singulier, incongru qui ne manquerait pas de susciter des remous. Qui se
cacherait sous ces costumes de carnaval, des femmes, des hommes, armés de bonnes intentions ou tout simplement armés. Bref, le énième débat que suscite le port de la burka à l’assemblée
nationale, m’inspire ce genre de réflexion. J’ai du mal à croire qu’en Europe on puisse accepter que ces signes manifestes d’intégrisme et d’obscurantisme puissent proliférer en toute impunité
faisant ressurgir le spectre du fanatisme religieux qui avait libre cours en dans temps reculés conduisant sur le bûcher nombre de soi disant hérétiques.
Mal à ma matière grise que d’imaginer que des femmes veuillent volontairement s’envelopper dans ces multitudes de voiles noirs qui les font ressembler à des personnifications de la grande
faucheuse, mais surtout les aliènent de tant de libertés chèrement acquises par des femmes courageuses. Après tout libres à elles, mais en terre sainte !
Mais peut-on considérer normal que des personnes entièrement voilées que dis-je dissimulées, ne laissent apercevoir que leurs yeux, quand ils ne sont pas affublés de lunettes, dans les villes
d’Europe ! A l’heure où l’on parle d’installer des portiques de détecteurs de métaux pour lutter contre la violence dans les établissements scolaires, où les plans vigie pirate se
multiplient un peu partout, conséquence de nos phobies des attentats terroristes, on permettrait à des individus de circuler ainsi vêtus dans tous les lieux publics. Je crois que les profs n’ont
pas fini et avec raison de faire grève, les policiers de commettre des bavures, et les citoyens lambas de circuler dans les rues avec beaucoup de circonspection.
Peut-on imager que des femmes circulent en tenue de plage, en mini ou autre accoutrement vus à Copacabana et à St Tropez au prétexte d’être européennes dans les pays musulmans. Personne n’y
pense, au contraire, la gente féminine n’oublie pas le tchador, de se couvrir les jambes voire d’oublier le maquillage au principe de respecter les us et coutumes locales. Le principe de
réciprocité devrait s’appliquer de l’Orient vers l’Occident.
Saluons le courage et le bon sens de ce maire belge qui a remis au goût du jour un arrêté municipal interdisant aux habitants de circuler masqués dans sa ville hors période carnaval. Loin de moi
l’idée de traiter de mascarade le port de la burka !!! Cependant, on voit bien qu’il n’y a pas besoin de légiférer des jours et des jours pour prendre une décision courageuse dans une
société de droit et laïque. Faites parler le droit mesdames et messieurs les députés et votez l’interdiction en France du port de la burka dans les lieux publics.
Définition de Wiképédia (source Internet) : Etats Généraux (France) :sous l’Ancien Régime, assemblées exceptionnelles convoquées par le Roi de France pour traiter d’une
crise politique. Créés en 1302 par le roi Philippe le Bel… ils réunissaient au début, le clergé, la noblesse et la bourgeoisie des bonnes villes. Les derniers convoqués en mai 1789 par Louis XVI
pour résoudre la crise financière due aux dettes de l’Etat, évoluèrent, suite au Serment du Jeu de Paume et à la réunion des trois ordres le 27 juin en une Assemblée nationale constituante qui
décida de rédiger une constitution écrite, ce fut le commencement de la Révolution française.
On y arrive à ces fameux Etats Généraux, le geste régalien d’urgence avancé comme la solution salvatrice
aux violents mouvements d’humeur manifestés par les guyanais, les antillais et les réunionnais depuis quelques mois. Des soubresauts qui font désordre dans le paysage national, au secours,
trouvons de quoi calmer ces ultra marins des outre mers à sang chaud !
Comme beaucoup de mes concitoyens, je m’interroge sur l’utilité de cette consultation organisée dans la
précipitation en réponse à une crise, certes économique de type récessif sur fond de revendication identitaire. On se rappelle ici, une période semblable à l’initiative des socio professionnels.
C’était en 1997.D’avril à Décembre, des " Etats généraux du développement économique réel
et durable " ont réuni l'ensemble des représentants de la société guyanaise dans sa diversité en associant l'Etat, les élus politiques, les socioprofessionnels, les syndicats de
salariés, le monde associatif, les partis politiques et les autorités coutumières. Avec le recul on
peut dire que ce fut une période plutôt constructive puisque ce travail a conduit notamment à des « cahiers de doléances » sur l'ensemble des problèmes auxquels est confronté le développement
de la Guyane tant sur le plan social, culturel, économique, administratif que politique, qui ont été rassemblés dans un rapport final mis au point en janvier 1998.Le conseil régional et le conseil général, qui ont chacun pris acte de ce rapport final par délibération, ont jugé
nécessaire qu'il soit le point de départ et le cadre de référence privilégié d'une réflexion sur l'avenir de la Guyane. Une commission ad hoc mixte composée de 8 conseillers généraux et
de 8 conseillers régionauxfut chargée d'élaborer un document d'orientation consensuel. Finalisé en décembre 1998, ce document intitulé " Document
d’Orientation pour unPacte de développement pour la Guyane " a été approuvé à une très large majorité par le conseil régional et le conseil général réunis en congrès le
27 février 1999à Rémire-Montjoly.Méthode travail, de consultation régulièrement adoptée depuis par nos deux collectivités majeures.
Quelles que soient nos opinions sur la manière de faire avancer le pays, c’était tout de même un document
collectif qui a rassemblé du monde … qu’en a-t-on fait, quels échos a-t-il suscité auprès du gouvernement de l’époque ?
Quelques remarques condescendantes peut-être, des négociations qui n’ont débouché sur rien de véritablement
concret, bien dommage, on ne serait sans doute pas arrivé à la situation de crispation viscérale actuelle qui rend suspectes toutes les propositions gouvernementales.
Franchement pour la citoyenne lambda que je suis, je ne peux m’empêcher de dire que l’on fait un grand pas
en arrière et que tout ce qui a été produit à notre initiative n’est que billevesées, agitation négrière jugée de bien haut. Je ne suis pas certaine que des Etats Généraux organisés en Corse par
les locaux auraient eu le même traitement.
D’aucuns diront que c’est une lecture primaire et que je n’ai rien compris aux subtilités de la démarche
régalienne, je veux bien vous croire.
Au fait au dernier G20 de Londres, on nous a rabattu les oreilles en nous affirmant que notre président
était sur la même longueur d’onde que le messianique OBAMA qui, entre parenthèses, fait acte de contrition de part le monde, mais il vrai qu’il n’y a jamais eu de monarchie aux States. Yes we
can !!!
Il n’y a pas si longtemps, on fêtait à Sinnamary l’anniversaire de quatre centenaires. Trois femmes et un
homme.
En regardant et en écoutant ces vénérables vieilles dames, je me suis prise au jeu de la divination et j’ai
tenté de m’imaginer centenaire.
Je me vois sur un fauteuil roulant, affublée de l’inévitable tenue guyanaise blanche en dentelle, une
coiffe en madras sur mes rares cheveux blancs, les mains noueuses et tâchées tremblantes posées sur mes cuisses, les pieds bizarrement chaussés bien alignés, quelques bijoux
mettant en valeur ma peau flasque, le regard terne dans le vague, marmonnant face à une caméra vicieuse « … j’ai fais beaucoup de sport, mo isé san
servi !… ».
Un vrai film d’angoisse, ces dames de Sinnamary disaient avoir mangé « … bocou de pimentad
bèf… », approuvées par leur maire ! Si cela suffisait, on en consommerait tous les jours. En tous cas, les études scientifiques nous prouvent que nous les femmes, allons vivre de plus
en plus vieilles. Mais dans quelles conditions ? Rares sont les centenaires qui gardent une bonne santé et leurs facultés intellectuelles. Selon les familles, elles sont
choyées car considérées comme des poto mitan, des bibliothèques vivantes, de véritables colonnes vertébrales sans lesquelles on se retrouve bien mal en point. Pour d’autres, elles sont des poids
morts dont on se passerait bien. Alors, elles se retrouvent dans un coin, sur un fauteuil. De temps en temps on leur fait prendre un peu de soleil, on s’adresse à elles comme à des enfants mais
sûrement pas comme aux gosses « z’enafer » de maintenant qui parlent et agissent comme de grandes personnes.
Rattrapées par la sénilité ou par Azheilmer, elles terminent des vies de labeurs dans des mouroirs
médicalisés.
Alors dans ces conditions, même au 21ème siècle, entre maladie et solitude, il ne fait pas bon
vieillir.
La situation est peu enviable et ne donne pas envie de vivre aussi vieux d’autant que nous évoluons dans
une société de jeunisme. Qu’est ce qu’une grand-mère aujourd’hui ? L’image d’Epinal de la vieille dame choyant ses petits enfants adorés ne correspond pas à ce que nous serons dans 10, 20,
30 ans... Les grand-mères d’aujourd’hui et de demain ont d’autres perspectives que de continuer à servir encore et encore la famille. La retraite venue et pour les chanceuses, avant soixante dix
ans, on entame une autre vie, on fait les choses pour soi, on voyage, on se cultive, on se remue, on retrouve des amis, on s’engage dans les associations, on a même le droit de rien faire mais
bref on devrait pouvoir occuper ce fameux 3ème âge, qui peut durer 30 ans et plus, à sa guise. Hélas, nous ne sommes pas égales devant la maladie, franchement je ne suis pas certaine
de vouloir vivre 100 ans.
Quand je parle de lui, je l’appelle familièrement Barack alors qu’il y a quelques mois, ce
prénom ne me disait rien. Tous les jours je m’étonne qu’un tel évènement ait pu ce produire aux Etats-Unis, nation de tous les radicalismes, nation en perdition depuis l’ère Bush Junior et nation
du « tout possible » depuis le 4 novembre 2008, jour de l’élection triomphante à la présidence de Barack Obama.
Je me passionne sur tout ce qui tourne autour de lui, articles, essais, débats … tant la
trajectoire de vie de ce métis ou de ce noir, que dire je ne sais pas, est étonnante. Il est l’incarnation vivante de millions de noirs qui attendaient réparation de la discrimination raciale
subie pendant des siècles et qui faisait d’eux des « sous-citoyens ».
Une famille de noirs à la Maison Blanche dès ce 21 janvier 2009 servie par des blancs. C’est
mieux que la série « 24 hours » et ça va faire vendre du papier. Nul doute que leurs moindres faits et gestes vont être décortiqués, analysés, critiqués et déformés. Le destin de Barack
est hors du commun et pourtant il reste un homme, comment va-t-il concilier cette antinomie ?
Etre un époux, un père de famille et en même temps l’homme le plus puissant du monde !
Dans le contexte de crise économique mondiale actuelle, il apparaît même, malgré toutes les précautions oratoires, comme un messie providentiel.
Allez, Barack, sera-t-il Noé aux milieux des flots avec son arche tentant de sauver le
monde ? Oeuvrant pour la paix d’un côté, guerroyant de l’autre pour garantir des intérêts économiques ! C’est que Hollywood va nous sortir des films sur lui qui vont rapporter des
milliards de dollars faut-il alors attendre sa vie filmée ! Peut-être mais une chose est sûre on compare la crise actuelle à celle de 1929, la récession est partout et nous sommes les
acteurs du docu-fiction, il nous en faut du rêve pour affronter le chômage, la pauvreté, la maladie et la guerre.
En relisant ces lignes, je me dis que suis un tantinet grandiloquente et pessimiste, pourtant
non, je rêve et en même temps je vis ma réalité. J’aurai souhaité pour nous une homme ou une femme providentiel qui par son charisme donne une autre dimension à notre Guyane et à ses hommes.
Comme l’affichait mon père dans son bureau, il nous faudrait un baobab qui nous éclaire, nous protège de nos errements et nous dirige sur la bonne voie. Lui, il avait sa check list : Félix
Eboué, Gaston Monnerville, Nelson Mandéla, Marthin Luther King, Joscelino Kubikcheck, René Maran, il aurait sûrement compléter sa galerie par le portrait de Barack. Il est parti trop
tôt !
Barack suscite les passions et je pense que quelque soit la distance qui le sépare du commun,
il nous élève. Avec lui nous tendons vers le mieux, il nous oblige à nous interroger, il nous pousse à l’analyse, à une forme de spiritualité éclairée. Demain, 20 Janvier 2009, il
s’adressera à la nation américaine et au monde entier, il saura nous galvaniser, silhouette sombre devant un monument blanc, l’instant sera historique, Barack OBAMA, quarante quatrième président
des Etats-Unis entrera dans l’immortalité.